Savonnerie du XIXe siècle à Marseille



Bouches-du-Rhône - 13 - Marseille
72, rue Sainte
Archéologie industrielle

Fouille préventive

 

 

 

2013


A Marseille, à l’angle de la rue Sainte et de la rue Rigord, dans le quartier du Vieux Port, un projet immobilier a suscité la prescription d’une fouille d’archéologie préventive. Les diagnostics archéologiques menés en amont des travaux (Inrap, 2012) ayant révélé en cet endroit les vestiges d’une ancienne savonnerie, l’opération offrait l’opportunité d’aborder, pour la première fois d’un point de vue archéologique, une des faces sans doute les plus renommées de l’industrie marseillaise.
L’opération a été réalisée en 2013, du 1er juillet au 23 août, sur une emprise de 965 m². Les travaux de terrain se sont concentrés sur deux objectifs principaux :

•    fouiller et caractériser les vestiges et les infrastructures du site de production afin de restituer la chaîne opératoire de la savonnerie ;
•    déterminer la chronologie des bâtiments et des installations, déceler d’éventuelles phases de construction ou de réfection afin de dater précisément le site industriel.

Les fouilles ont révélé les vestiges d’une savonnerie du XIXe siècle, remarquablement bien conservée. L’usine, arasée au niveau des sols du rez-de-chaussée, était divisée en deux parties principales : une partie haute au nord qui comprenait les chaudières, les piles et un ensemble de salles voûtées en sous-sol ; une partie basse au sud, principalement dédiée aux mises.

Dans la partie haute, le cœur de l’usine, quatre chaudières dans lesquelles était fabriqué le savon ont été mises au jour, bordées au nord et à l’est par neuf citernes souterraines, qui servaient au stockage des huiles (piles). Les vestiges d’un bassin métallique vraisemblablement destiné à la préparation des lessives de soude ont été découverts dans le sol, à proximité immédiate des cuves. La chaufferie qui abritait le générateur de vapeur qui chauffait les cuves était installée dans une des pièces souterraines mises au jour. Toujours en sous-sol, une étroite salle voûtée en berceau, longue de plus de 15 m, permettait d’accéder aux parties basses des chaudières. Depuis ce couloir technique, diverses opérations qui intervenaient dans l’élaboration du savon, parmi lesquelles l’épinage, étaient pratiquées.
D’un point de vue architectural, l’étude des structures bâties et l’enquête documentaire ont révélé deux phases de construction distinctes : le cœur de l’usine, c’est-à-dire la salle des chaudières et son sous-sol, a été édifié dans la seconde moitié du XIXe siècle, sur le site d’une fabrique plus ancienne, vraisemblablement de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle. Si la salle des chaudières fut entièrement rénovée après 1850, la partie méridionale de l’ancienne fabrique, un espace moins technique, demeura en l’état jusqu’à la fin du XIXe siècle.


Marché public pour le compte de :
Promogim - SCI Méditérranée

Actiparc II - bât. E2
13821 La Penne-sur-Huveaune

 

Surface étudiée : 965 m²

 

IKER
Archéologie  et Patrimoine

Pelosastrea

64 780 Saint-Martin-d'Arrossa

t. 05 59 37 93 56