Métallurgie du fer à Massay



Centre - Val de Loire - 18 - Massay
Bois Messire Jacques
Atelier sidérurgique des Ve-VIe siècles

Fouille préventive

 

 

 

2016


Sur la commune de Massay, à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Vierzon, l’aménagement d’un semi-échangeur sur l’autoroute A20 a suscité la prescription d’une fouille d’archéologie préventive au lieu-dit Bois Messire Jacques. L’opération a été réalisée au cours de l’hiver 2016 (du 8 février au 11 mars), mobilisant une équipe de huit personnes pendant cinq semaines.

 

Compte-tenu des divers indices paléométallurgiques qui avaient été mis au jour sur le site à l’occasion du diagnostic archéologique, les objectifs de la fouille étaient multiples, tous centrés sur la production et le travail du fer.

 

Il devait s’agir de :

 

  • Caractériser précisément l’activité métallurgique, c’est-à-dire définir la nature des opérations sidérurgiques qui étaient pratiquées sur le site ;
  • Préciser le cadre chronologique de l’activité (Antiquité gallo-romaine, haut Moyen-Âge) ;
  • Mettre en évidence les grandes lignes de l’organisation du site artisanal ;
  • Quantifier la production métallique.

 

 

 

Une zone d’activité sidérurgique marquée par un amas de déchets métallurgiques (ferrier) ainsi qu’un certain nombre de structures liées à la production et au travail du fer ont été mis en évidence. Les vestiges de l’activité artisanale dessinent l’espace d’un atelier localisé dans la partie centrale de la zone de fouille 2. L’atelier occupe une surface d’environ 375 m². Il comprend les vestiges de quatre fours, parmi lesquels au moins deux bas fourneaux, un foyer d’épuration et un four de grillage du minerai de fer, tous implantés sur la bordure occidentale du ferrier.

 

En périphérie immédiate de l’espace de l’atelier, à quelques mètres au nord-est du ferrier, la fouille a livré les vestiges de structures annexes peut être en lien avec l’activité métallurgique. Il s’agit d’un fond de cabane, une fosse, un trou de poteau et une structure indéterminée.

Trois fossés ont encore été mis au jour dans la partie nord-est du site ; deux d’entre eux, manifestement postérieurs au ferrier, recoupent l’amas de déchets métallurgiques.

 

La chaîne opératoire du site a pu être reconstituée grâce à la fouille des structures et grâce à l’analyse des déchets métallurgiques conservés sur le site, un lien étroit étant établi entre la nature des opérations sidérurgiques pratiquées et les types de déchets obtenus. Il est dorénavant établi que l’atelier était voué à la fabrication d’un métal épuré. Aucun objet en fer n’était élaboré in situ.

Grillage, réduction directe et épuration étaient les trois séquences de la chaîne opératoire de l’atelier. L’activité du site s’avère donc complète et complexe, s’étendant de la préparation du minerai à des travaux de post-réduction, du minerai brut à un produit semi-fini.

L’étude du ferrier et l’évaluation de la masse de scorie contenue dans ce dernier (4,5 tonnes) permet d’estimer, a minima, la quantité de métal produite sur le site. Le petit atelier de Bois Messire Jacques aurait fabriqué 1,5 tonne de fer.

 

D’un point de vue chronologique, les indices collectés désignent une phase d’activité comprise entre 396 et 600 ap. J.-C., soit une phase qui s’étend de la fin du IVe siècle au VIe siècle ap. J.-C.

 

 


Marché public pour le compte de :
Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement

Orléans

 

Surface étudiée : 5 200 m²