Industries minières dans le haut Béarn



Aquitaine - 64 - haut Béarn
Vallées d'Aspe, Ossau et Ouzoum
Exploitations minières et métallurgiques en Béarn

Prospections et fouilles archéologiques programmées

 

 

 

2007, 2014-2016


Un inventaire du patrimoine archéologique minier et métallurgique a été réalisé dans le territoire du Parc National des Pyrénées. Centrées sur les vallées d’Aspe, d’Ossau et de l’Ouzom, quatre campagnes de prospections pédestres et de sondages archéologiques ont été menées dans le cadre d’un programme collectif de recherche consacré à l’anthropisation de la montagne pyrénéenne.
Ce travail de recherche et de recension permet de retracer les grandes lignes de l’histoire plurimillénaire de l’activité minière et métallurgique en haut Béarn, depuis la fin du Néolithique jusqu’en 1960.

La mine du Somport : une mine de cuivre exploitée au IIIe millénaire avant J.-C.

Parmi les sites miniers découverts en Béarn, la mine du Somport en vallée d’Aspe, constitue à ce jour le plus ancien vestige minier connu en Aquitaine et, plus largement, le premier témoignage d’une extraction de minerai de cuivre dans la chaîne des Pyrénées. Exploitée au cours du néolithique final, entre 2580 et 2430 av. J.-C., elle coïncide avec la naissance de la métallurgie en Europe occidentale.

La mine ancienne, découverte en 2007 et actuellement en cours d’étude, se présente sous la forme d’un boyau étroit, actuellement accessible sur un tronçon de 8 m de longueur. Elle se poursuit plus en profondeur, vers une zone d’exploitation inconnue presque totalement colmatée et pour l’heure inaccessible. Foncé dans les calcaires, le chantier est très exigu, étroit et bas, sa hauteur n’excédant pas 1,40 m. Les mineurs, qui ont œuvré dans un souci de rentabilité et d’économie, ont suivi au plus près la géométrie du filon de cuivre, se limitant à l’extraction de la zone minéralisée en évitant d’abattre les calcaires stériles.
Une partie de la mine a été remblayée par des débris issus de l’abattage. Il s’agit d’une épaisse couche de plaquettes de roche stérile et de résidus de charbons de bois stockés à l’intérieur du chantier par les exploitants. Si ces débris étaient laissés sous terre – sans doute pour limiter les efforts des mineurs – la chalcopyrite en revanche était ramenée à la surface et au jour où elle subissait une préparation préalable à sa réduction. Dans l’état actuel des recherches, aucun indice de pratique minéralurgique ou métallurgique n’a été découvert sur le site du Somport mais il est vraisemblable que des ateliers de préparation et de traitement du minerai étaient installés aux abords immédiats de la petite mine de cuivre.
Les études et les campagnes de fouille en cours s’attachent à explorer les multiples problématiques de recherche qu’éveille ce site exploité par les tous premiers mineurs d’Aquitaine.


Programme de recherche réalisé avec le soutien du Parc National des Pyrénées.


Financement des frais d'analyse et de fonctionnement :
Service Régional de l'Archéologie d'Aquitaine

 

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