Mines d'argent du Chassezac



Rhône-Alpes - 07 - Saint-Marguerite-Lafigère
Concession du Chassezac

Mines antiques et médiévales du Chassezac

Fouille préventive

 

 

 

2009


Dans la vallée du Chassezac, une importante zone minière médiévale est en cours d’étude depuis une quinzaine d’années. Située dans la concession du Chassezac, les travaux avaient été repérés en 1999, lors de prospections effectuées dans le cadre de la procédure de renonciation de la concession, procédure qui inclut des travaux de mise en sécurité des ouvrages miniers. Les travaux de sécurisation devant détruire ou dénaturer une partie des vestiges en cours d’étude, ainsi que d’autres sites qui n’avaient jamais été fouillés, une opération d’archéologie préventive a été prescrite sur trois secteurs d’exploitation renfermant des travaux anciens. L’opération a été menée sur le terrain du 30 mars au 15 mai 2009, par une équipe de quatre personnes.
Les recherches antérieures avaient montré l’existence d’une activité minière pour l’exploitation de l’argent, centrée autour des XIe-XIIIe siècles, reconnue sur le filon des Anciens. Deux autres filons de la concession présentaient des ouvrages pouvant correspondre à une période ancienne mais dont la chronologie n’avait pas été définie. La mine médiévale du Colombier, sur le filon des Anciens, avait déjà montré une exploitation organisée dans laquelle plusieurs puits au jour semblaient jouer un rôle important (aérage, prospection, transport). Les vestiges de deux ateliers de minéralurgie avaient été fouillés et d’autres pistes d’études avaient été planifiées.
L’opération d’archéologie préventive a permis de poser de nouveaux jalons chronologiques. Les nombreuses datations de mobilier ou de charbon de bois réalisées désignent clairement une exploitation au cours des XIIe et XIIIe siècles avec peut-être un démarrage dès le XIe siècle et ce sur tous les filons étudiés. Une datation plus ancienne, effectuée sur des charbons de bois découverts à la base d’un chantier ancien ouvert à l’affleurement du filon des Anciens, désigne quant à elle une phase d’activité jusque-là inédite comprise entre 40 et 140 de notre ère. Bien plus récente, la dernière phase d’exploitation qui démarra activement à partir des années 1870 et connut son apogée entre 1900 et 1908, permit d’extraire plus de 30 000 tonnes de galène et blende argentifère du filon de la Rouvière. Les filons des Anciens et du Vert avaient été préalablement vidés de leur richesse par les mineurs des temps anciens.
La caractérisation des techniques minières médiévales a montré que l’exploitation de ces filons n’avait rien d’archaïque ou d’empirique mais qu’il s’agissait bien d’une exploitation rigoureuse et organisée. Les prospections minières avaient été menées de façon systématique tout au long des affleurements et des ouvrages en roche stériles avaient été régulièrement percés afin de bien reconnaître les minéralisations. Près de la surface, les vestiges de nombreux aménagements permettant de porter assistance à l’exploitation ont été étudiés : boisages et escalier en roche pour la circulation, puits verticaux pour l’extraction des minerais, galerie et puits d’aérage des chantiers ouverts au feu. Une galerie d’exhaure semble même avoir été identifiée au Vert. La stabilité des chantiers était assurée par comblement ou soutènement par boisage ou abandon de massifs.
A ce stade de l’étude, bon nombre d’interrogations demeurent. On ne sait rien du mode de gestion ou de la propriété de ces mines. Existait-il plusieurs concessions ou entités organisées pour l’exploitation de ces richesses ? Où était transformé le minerai et pour quels usages ? D’où les mineurs tenaient-ils leur savoir-faire ?
Si les travaux de mise en sécurité du site ont irrémédiablement détruit une partie des vestiges miniers anciens et modernes, toutes les possibilités d’études ne sont (théoriquement) pas perdues : plusieurs ouvrages ont été fermés de façon « réversible » afin de permettre aux archéologues du futur de reprendre les investigations sur la base des données émanant de plusieurs années de recherche et d’une opération de fouille préventive.


Marché privé pour le compte de :
Recylex S.A.
79, rue Jean-Jacques Rousseau
92158 Suresnes cedex 9

 


 

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