Occupation rurale médiévale et exploitation de calcaire



Poitou-Charentes - 16 - Villiers-le-Roux
La cave à Pintevin
Exploitation rurale médiévale et carrière de calcaire moderne

Fouille préventive

 

 

 

2012


Le site de la cave à Pintevin, situé sur la commune de Villiers-le-Roux, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Ruffec, était connu des habitants depuis fort longtemps. Le versant septentrional du vallon calcaire séparant les hameaux de la Salle et le Bois de l’Eglise renfermait en effet une cavité souterraine appelée la Cave à Pintevin. Un diagnostic archéologique mené par l’Inrap durant l’automne 2010 avait en outre mis en évidence l’existence d’une occupation médiévale en amont de cette cavité, sur la bordure du plateau dominant le vallon.
Préalablement aux travaux d’aménagement de la ligne LGV Tours-Bordeaux, une opération d’archéologie préventive a été menée sur le site du 27 février au 20 avril 2012, sur une surface de 3 500 m².

La partie du site occupée par la cavité s’est avérée être un lieu d’extraction de calcaire à silex. La fouille a montré un ensemble de deux cellules d’extraction, ou carrières à ciel ouvert, dont l’une se poursuivait en souterrain. La fosse principale occupe une surface de 25 m de longueur au jour et 8 m en souterrain, pour une largeur de 5 m et une profondeur de 1,5 à 4 m. La seconde cellule, plus petite et en losange, se développe sur un diamètre de 4 à 5 m pour 1,5 à 4 m de profondeur. L’étude de traces d’enlèvements laisse apparaître des techniques d’extraction simples mais efficaces. S’appuyant essentiellement sur les failles et strates préexistantes dans le calcaire, les carriers ont produit des blocs de moyennes dimensions ayant pu servir à la réalisation de moellons peut-être utilisés pour des chaînages d’angle. Le volume de la production reste très modeste et n’a pu alimenter que quelques dizaines de chantiers, très vraisemblablement dans les environs immédiats. L’observation des traces d’outils et moyens techniques employés associée aux datations fournies par les analyses céramologiques et 14C montre une exploitation du site à l’Epoque Moderne avec une forte probabilité pour le milieu du XVIIe siècle et une bonne probabilité pour la fin du XVIIIe. Cette chronologie pourrait certainement être affinée par l’étude du fond d’archive de la série 8S (Archives Départementales de la Charente). Malheureusement, cette série est actuellement indisponible à la consultation.


En amont de la carrière, les vestiges découverts appartiennent à un ensemble médiéval qui est attribué aux XIe – XIIe siècles. Cette partie du site correspond à une exploitation agricole rurale manifestée par des silos, un souterrain de stockage, une habitation ayant laissée peu de traces et quelques structures en creux annexes (fossé, trous de poteaux isolés).
Le souterrain est formé de deux plans inclinés de quelques mètres de long qui, partant de la surface, s’enfoncent avec une assez forte pente vers les deux entrées horizontales du souterrain. La cave se poursuit en pleine roche sur une dizaine de mètres de longueur. Elle présente trois petites salles ayant pu servir au stockage de denrées alimentaires. Sur le bord de la salle centrale, un puits vertical de 6 m de profondeur, creusé depuis la surface, semble avoir servi à l’aérage de la cavité.
L’étude du mobilier céramique montre un assemblage fréquemment rencontré à proximité d’un espace d’habitat. L’essentiel de la céramique correspond à des pots à cuire, avec ou sans anses, ainsi qu’à plusieurs cruches, pichets et deux vases-réserves. Aucun élément ne permet de relier ce mobilier à un statut social privilégié.


Marché pour le compte de :
LISEA-COSEA

Rue Caroline Aigle - BP 90505

86012 Poitiers cedex

 

Surface étudiée : 3 500 m²

 

IKER
Archéologie  et Patrimoine

Pelosastrea

64 780 Saint-Martin-d'Arrossa

t. 05 59 37 93 56